
Dans la blanche froideur, la glace craquante, le bleu céruléen et les vapeurs de la terre qui rend sa chaleur…
Un corps qui frisonne, des poils translucides qui ondulent sous la bourrasque, une toison enneigée…
Dans la multitude des nuances mauves et bleutés de la lumière qui traverse les couches de neige et sous le timide jaune du soleil…
Une truffe noire et luisante qui danse dans le vent et deux yeux ronds couleur charbon qui scrutent l’horizon…
Emergeant du secret paisible d’une grotte de neige dont l’ouverture nous serait autrement occultée, deux adorables jeunes frimousses
Cachés. À l’abri des éléments, des assaillants peu nombreux, perdus au cœur de cet hiver presque perpétuel…
A demi-endormis. Encore vêtus de la torpeur de l’hibernation… Regrettant presque la douce langueur, l’économie nécessaire des gestes, le silence écrasant du Nord inhabité…
Les premiers pas dehors de la Grande Mère. Lents. On dirait presque que l’Ourse chasse le temps. Larges pattes. Silhouette imposante. Majestueuse dans le matin frileux. Une petite ronde de reconnaissance dans ce monde qu’elle n’a pas vu les derniers mois.
Le blanc, que de douces dunes de blanc à perte de vue. Et un point d’eau affleurant à proximité.
Rapidement, ils dégourdissent tous leurs pattes ankylosées… A l’envers de l’hiver, l’ours est un animal jovial et joueur. On perçoit quelques grognements de satisfaction et peut-être quelques estomacs qui à peine éveillés se mettent aussi à crier famine….
Tout cet espace, l’ours sait bien l’habiter malgré son apparente inhospitalité. Il est à l’image de ses rêves nordiques.
Protectrice l’Ourse s’étire paresseusement, baille en découvrant de redoutables crocs et revient vers ses petits. Peut-être un peu songeuse, car bientôt l’apprentissage sera achevé…. Trois ans déjà, elle les laisser prendre leur autonomie, tracer leur propre destin dans la neige arctique…
Elle lève le nez vers la voute céleste. Elle a déjà hâte au soir pour revoir les étoiles qui scintillent et le ballet gracieux et lumineux des vertes aurores boréales qui n’existe plus que dans ses rêves et dans un coin de sa petite mémoire….
Mais pour l’instant, il importe de se sustenter. D’un coup de pattes aux griffes acérées cueillir un poisson ou encore mieux ramener un festin de phoque à partager tous les trois si la nature hasardeuse peut être généreuse…
Elle se plait dans cet espace vaste et ce coin de paysage qu’elle a choisi au terme de sa dernière migration. Longtemps elle a erré sur des chemins jamais tracés avant de trouver cet endroit bien à elle. Pas très loin, un grand cap rocheux qui lui permet d’observer son royaume. Plus à l’est, une parcelle de broussailles qui abritent secrètement de petits habitants. Tels les lapins en blanc habit et les harfangs presque immaculés au vol silencieux…
Dans leurs déplacements, on peut admirer leurs profils altiers, la force tranquille et mesurée de leurs muscles d’acier, une énergie potentielle pour l’instant retenue…
Pas de mâle à l’horizon. Comme d’habitude, ils sont rarement visibles. Le Père a peu connu ses petits.
L’ours est plutôt un sauvage, un solitaire. Il se suffit à lui-même. Il rège sans partage, en conquérant, sur une terre que les Inuits ne lui disputent plus.
Il est le symbole de la force qui a asservi les éléments, de la volonté qui sait dominer les conditions les plus rudes.
Après un bon repas, ils iront ensemble pour le premier bain de l’année… Quel délice de se rafraîchir et de pouvoir paresseusement flotter. Ils sont aussi habiles dans l’eau que sur terre… Après quelques gracieuses et malicieuses culbutes, il faut sortir et s’ébrouer…
Les journées sont plutôt courtes à cette latitude. Dans quelques heures, la nuit retombera.
Demain, sera un autre jour presque semblable. De chasse, de pêche, d’exercice et de jeux…
Mais pour l’instant comme un clan inséparable, nos trois rondeurs pelucheuses et blanches se serrent ensemble, lovés, collés par l’amour et le froid…
Un corps qui frisonne, des poils translucides qui ondulent sous la bourrasque, une toison enneigée…
Dans la multitude des nuances mauves et bleutés de la lumière qui traverse les couches de neige et sous le timide jaune du soleil…
Une truffe noire et luisante qui danse dans le vent et deux yeux ronds couleur charbon qui scrutent l’horizon…
Emergeant du secret paisible d’une grotte de neige dont l’ouverture nous serait autrement occultée, deux adorables jeunes frimousses
Cachés. À l’abri des éléments, des assaillants peu nombreux, perdus au cœur de cet hiver presque perpétuel…
A demi-endormis. Encore vêtus de la torpeur de l’hibernation… Regrettant presque la douce langueur, l’économie nécessaire des gestes, le silence écrasant du Nord inhabité…
Les premiers pas dehors de la Grande Mère. Lents. On dirait presque que l’Ourse chasse le temps. Larges pattes. Silhouette imposante. Majestueuse dans le matin frileux. Une petite ronde de reconnaissance dans ce monde qu’elle n’a pas vu les derniers mois.
Le blanc, que de douces dunes de blanc à perte de vue. Et un point d’eau affleurant à proximité.
Rapidement, ils dégourdissent tous leurs pattes ankylosées… A l’envers de l’hiver, l’ours est un animal jovial et joueur. On perçoit quelques grognements de satisfaction et peut-être quelques estomacs qui à peine éveillés se mettent aussi à crier famine….
Tout cet espace, l’ours sait bien l’habiter malgré son apparente inhospitalité. Il est à l’image de ses rêves nordiques.
Protectrice l’Ourse s’étire paresseusement, baille en découvrant de redoutables crocs et revient vers ses petits. Peut-être un peu songeuse, car bientôt l’apprentissage sera achevé…. Trois ans déjà, elle les laisser prendre leur autonomie, tracer leur propre destin dans la neige arctique…
Elle lève le nez vers la voute céleste. Elle a déjà hâte au soir pour revoir les étoiles qui scintillent et le ballet gracieux et lumineux des vertes aurores boréales qui n’existe plus que dans ses rêves et dans un coin de sa petite mémoire….
Mais pour l’instant, il importe de se sustenter. D’un coup de pattes aux griffes acérées cueillir un poisson ou encore mieux ramener un festin de phoque à partager tous les trois si la nature hasardeuse peut être généreuse…
Elle se plait dans cet espace vaste et ce coin de paysage qu’elle a choisi au terme de sa dernière migration. Longtemps elle a erré sur des chemins jamais tracés avant de trouver cet endroit bien à elle. Pas très loin, un grand cap rocheux qui lui permet d’observer son royaume. Plus à l’est, une parcelle de broussailles qui abritent secrètement de petits habitants. Tels les lapins en blanc habit et les harfangs presque immaculés au vol silencieux…
Dans leurs déplacements, on peut admirer leurs profils altiers, la force tranquille et mesurée de leurs muscles d’acier, une énergie potentielle pour l’instant retenue…
Pas de mâle à l’horizon. Comme d’habitude, ils sont rarement visibles. Le Père a peu connu ses petits.
L’ours est plutôt un sauvage, un solitaire. Il se suffit à lui-même. Il rège sans partage, en conquérant, sur une terre que les Inuits ne lui disputent plus.
Il est le symbole de la force qui a asservi les éléments, de la volonté qui sait dominer les conditions les plus rudes.
Après un bon repas, ils iront ensemble pour le premier bain de l’année… Quel délice de se rafraîchir et de pouvoir paresseusement flotter. Ils sont aussi habiles dans l’eau que sur terre… Après quelques gracieuses et malicieuses culbutes, il faut sortir et s’ébrouer…
Les journées sont plutôt courtes à cette latitude. Dans quelques heures, la nuit retombera.
Demain, sera un autre jour presque semblable. De chasse, de pêche, d’exercice et de jeux…
Mais pour l’instant comme un clan inséparable, nos trois rondeurs pelucheuses et blanches se serrent ensemble, lovés, collés par l’amour et le froid…
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