dimanche 27 juillet 2008

La forêt des rois



La forêt des rois est une forêt magique,

S’y sont déroulé des joutes et des combats épiques.

Aujourd’hui plus pacifique,

Les combattants ayant fait la trève,

Les promeneurs désormais y rêvent,

Y réfléchissent sur l’existence trop brève.

Dans cette parcelle d’Angleterre, la vie y a toute éternité.

Il n’y a pas de temps, il s’est comme arrêté.

Peuplés d’habitants géants, plusieurs fois centenaires,

Et d’autres plus nouveaux,

Tous jeunes arbrisseaux,

Fantastique forêt qu’inlassablement mère Nature regénère…

Au cœur de cet univers secret,

D’herbe,s de lianes, de fleurs et de feux follets,

S’élancent deux silhouettes noueuses mais graciles

Abris délicieux de petits mondes fragiles

Arbres matures solidement plantés,

Du hasard, ayant germé, en toute proximité.

Ils ont longuement grandi côte à côte,

Des petits animaux, tous à tour, se faisant les hôtes,

Se partageant le même coin de ciel bleu,

Infiniment grand pour tous les deux,

Le temps a fini par unir leurs branches

Et tous les jours sont alors devenus dimanches.

Au rythme du même mouvement frisson,

Leurs bras ondulent à l’unisson,

Accueillant pareillement le chant du rossignol

Et se faisant l’écho de ses concerts frivoles.

Ils demeurent les éternels complices

Des amants enlacés dans leurs délices.

Sous la terre, se joignent leurs racines

Aussi libres que leurs cimes malines

Ils s’abreuvent de la même eau,

Partageant comme de vrais frères les mêmes idéaux,

Se rappelant peut-être leur origine modeste

D’un gland porté par quelque vent d’est.

Et chaque soir, lorsque la nuit se pose

L’un sur l’autre, ils se reposent

Ne s’étant pas choisi

Et pourtant bons amis

Leurs folles têtes, leur donne à penser

Que l’un de l’autre, ils ne peuvent se priver.

Me promenant moi aussi en solitaire

Sous leur chef, sous leur couvert,

Il m’est facile d’imaginer

Que ces deux compères si bien soudés

Ne sont autres que vous et moi,

Pensée qui me remplit d’un réel émoi…

samedi 19 juillet 2008

Obstacles...


Il n'y a pas d'amour éternel qui ne soit contrarié, pas de passion sans lutte...

jeudi 17 juillet 2008

Fenêtres


Entre moi et le monde, une vitre. Ecrire est une facon de la traverser sans la briser.... C. Bobin

Toi


Te raconter comment ta vie a transformé la mienne. A travers les thèmes qui te sont chers, entrelacés parfois de filigranes qui sont les miennes. Te dire comment, je t’ai retrouvé un jour dans mon capteur de rêve….

Au départ, concrète et pragmatique, comme pour prouver que je ne vis pas de nuages, j'ose à présent avec toi affirmer la part d'intangible et d'inatteignable qui sommeille toujours en moi.

A la seule passion, ma manière usuelle d'avoir le sentiment d'exister et ma carte de visite, s'est substituée une manière d'être plus subtile. Je n'ai pas l'impression de vivre de l'artifice soutenu ou des amours adolescentes.

J'aime penser avoir le luxe de pouvoir tenter de vivre plusieurs vies. De ne pas être contrainte à une seule histoire. Que mon destin n'est pas écrit et que les possibles sont innombrables.

Ainsi,

Etre avec toi, est une manière de perfectionner ma recherche. Tu as fait renaître chez moi l'idéal. L'envie de ne pas cacher ce qui m'est vital.

Etre avec toi est une quête, sur une manière d'être en couple. Voguer ensemble, en repoussant les frontières de l'univers navigable. Trouver l'énergie et le courage d'accomplir ce qui attire et ce qui fait peur.

Etre avec toi, c’est comme se sentir à Québec, protégé de remparts, sur un cap dominant le fleuve des événements qui passent, témoin du passé et tournée vers l’avenir.

Etre avec toi, c’est être comme un poisson dans l’eau, en symbiose parfaite avec les courants, ondulant comme les algues et se laisser glisser en faisant briller es écailles.

Etre avec toi, c’est apprécier le nordique sans jamais avoir froid.

Etre avec toi est une occasion de renouer avec le symbolique. De mieux comprendre les grands archétypes universels qui sont en action et qui façonnent ma vie, aussi sûrement que l'eau érode la croûte terrestre par son lent en patient travail.

Etre avec toi est aussi une forme de repos, par la simplification de mes histoires personnelles. Puisque la nôtre arrive à les regrouper toutes. A assouvir ma soif de multiple. Me sentir comblée plutôt que frustrée des choses qui n'arriveront pas. Nourrie par l'abondance de l'unique.

Etre avec toi, c'est aussi apprécier la vie dans la richesse de sa complexité. Savoir et accepter qu'il n'y a pas de terrain sûr, de situation définitive. Et jouir de ces incertitudes plutôt que de les craindre.

Etre avec toi, c'est accepter de se révéler, de se montrer sans masque. Avec ses incohérences, ses meurtrissures, ses avidités, ses espoirs déçus, ses caprices d'enfant. C’est savoir encore s’émerveiller devant le charme naturel d’un jardin cultivé, l’audace d’une construction qui défie l’équilibre, l’étrangeté d’une autruche au Jardin des plantes.

Etre avec toi, c'est réussir à faire vivre l'enfant en soi en laissant derrière les enfantillages. C,est à la fois savoir être responsable et insouciant.

Etre avec toi, c'est apprendre à relever les défis et à affronter les grandes et petites difficultés de la vie sans fléchir, sans découragement, bravement. C'est prendre la vie à bras le corps comme elle se présente et en faire une oeuvre d'art.

Etre avec toi, c'est s'enrichir d'une fortune dont rien ne peut me dépouiller. C'est accumuler de l'expérience. C'est renforcer son goût pour l'humain et exercer sa générosité. C'est aussi faire que la préoccupation d'autrui et la disponibilité pour les autres fassent toujours partie de notre vie.

Etre avec toi, c'est partir à l'aventure, varier ses horizons. C'est affronter toutes les conditions et les températures. Survivre ensemble aux sécheresses comme aux moussons. Savoir voyager sur tout les continents, le sien y compris.

Etre avc toi, c'est rechercher de concert le Beau. Là où est, ou, là où il devrait être. C'est apprendre à le faire reconnaître autour dans le naturel comme dans l'artificiel et soi et à le créer là où il n'est pas.

Etre avec toi, c'est privilégier l'être dans l'action. N'avoir besoin de rien et se retrouver dans tout. C'est prendre plaisir à créer et à recréer. Faire jaillir ce qui est caché en soi et germer l'essentiel.

Etre avec toi, c'est vivre dans le plaisir. Celui des sens comme celui de l'esprit. C’est avoir des réserves pour les jours gris.

Etre avec toi, c'est le constant désir de surprendre. De faire que chaque détail, une fête. De contribuer à l'étonnant de la vie. D'avoir envie de faire naître sur tes lèvres un sourire, de voir un souci s'envoler comme l'oiseau.

Etre avec toi c’est avoir le sentiment de compter, de faire une différence, de mieux sentir sa valeur. C’est être un Mont-Blanc au lieu d’une plume Bic.

Etre avec toi, c'est choisir ce qui a de l'importance. Ne remplir ses bagages que de choses qui comptent pour ne pas se retrouver un jour à payer un excédent. Tout en sachant apprécier et conserver une part d'inutile, qui ainsi se révèle utile.

Etre avec toi, c'est décider de guérir de ses blessures. D'oublier ce qui est néfaste et ce qui empêche de porter le regard plus loin. Se libérer de ce qui retient et entrave. Ce qui prive de la jouissance entière.

Etre avec toi, c'est se retrouver dans un corps plus vaste. S’est se trouver si proche et avoir l’impression que ta verge est mienne. Avec de nouveaux frissons et des sensations inédites. C'est explorer des espaces aux confins de soi. C'est prendre conscience de ce qui nous semble acquis et qui pourtant est rarement conquis. C'est apprivoiser ton univers charnel et partager nos ying et yang. Apprendre le goût des choses à commencer par soi. C’est se laisser séduire par l’agilité d’une langue et se laisser pénétrer par elle.

Etre avec toi, c'est être lucide. C'est, tout en rêvant, savoir distinguer le possible de l'impossible.

Etre avec toi, c'est apprendre aussi la folie. De dépasser ce qui nous a été enseigné.

Etre avec toi c'est aussi savoir profiter du temps. C'est être assez sage pour savoir écouter le passage des nuages ou admirer leurs transformations successives au cours de son imprévisible périple. C’est prendre le temps de découvrir la toile céleste différente tous les jours.

Etre avec toi, c'est renouer avec les règles de l'alchimie ancienne. Transmuter les choses pour en tirer le meilleur. C’est vouloir tout transformer en confitures.

Etre avec toi, c'est chaque jour composer un nouveau parfum. Savoir choisir les notes, pour un accord hamonieux. Ne pas oublier les notes de fond, de coeur et lde tête.

Etre avec toi, c'est aussi pouvoir concevoir la vie sans toi tout en désirant ne jamais devoir le faire.

Etre avec toi, c'est constamment réinventer, à la manière de la vie même, l'évolution comme une autojustification.

Etre avec toi, c'est être émue jusqu'aux larmes par l'intime compréhension que le sens se fabrique ensemble au fur et à mesure. Qu'il n'est pas donné ou prédéterminé. Qu'il n'est pas le seul fruit du hasard, mais procède grandement de la volonté.

Etre avec toi, c'est savoir que tout peut s'arrêter soudainement et ne pas avoir de regret pour des actes manqués ou suspendus. Pour une parole essentielle qui n'aurait pas été prononcée.

Etre avec toi, c'est permettre à la poésie d'entrer dans ma vie. De trouver des rimes, qui me permettront de faire quelques pieds de plus. D'associer des mots à des rythmes. De faire des mariages d'idées incongrus ou incontournables. Du conventionnel à l'actuel. A travers les vers, apprendre à se tourner vers. Par les mots et les images qu’ils dessinent, apprendre l’ouverture.

Etre avec toi, c'est à la fois savoir donner un sens à mes insomnies et ne pas laisser le sommeil gagner son esprit. C'est savoir rester en éveil.

Etre avec toi, c'est une musique, composée jour après jour, après jour. Se faire un compositeur discret, à l’ombre des grands maîtres, mais compositeur tout de même. Savoir écouter, ne serait-ce que d’une seule oreille et se laisser charmer par des mélodies sans pareilles. Un duo qui aspire au trio, au quintet jusqu'à l'orchestre...

Etre avec toi, c'est retrouver le sens de la parole. Celle donnée, celle prononcée.

Etre avec toi, c'est avoir le goût de s'engager. De contribuer à la collectivité. De se créer par conviction, un nouveau pays. Oser le politiquement correct et penser de manière indépendante.

Etre avec toi, c’est apprécier une sieste tranquille. C’est célébrer la farniente un dimanche matin paisible ou s’esclaffer devant une simple émission de télévision comique ou un western-spaghetti.

Etre avec toi, c’est bâtir aussi en dehors de l’architecture. Trouver un fondement, une structure qui convienne, dont la solidité ne serait pas compromise et dont les lignes seraient novatrices et audacieuses.

Etre avec toi, c’est savoir choisir ses batailles. Savoir ce qu’il faut accepter et ce qu’il faut combattre. Savoir si l’on est héros ou Don Quichotte.

Etre avec toi, c'est échapper aux griffes de l'effrayant et dévastateur sentiment de solitude. Empêcher de sombrer dans l'enfermement et la stérilité de la vie pour soi. C’est exercer son égoïste à la générosité du temps consacré à l'autre. C'est jeter des ponts depuis son île sur d'autres rivages. C’est comme Pénélope tromper l’attente.

Etre avec toi, C’est tirer la langue au néant. C’est faire du plein avec du vide. C’est comme Prométhée voler le feu aux Dieux.

Etre avec toi, c’est se moquer de Chronos. Faire une grimace à l’avenir. C’est faire sa marque pour défier le temps. C’est se tailler un morceau d’éternité.

Etre avec toi, c’est être gourmand de la vie. Chercher la saveur qui émoustille les papilles. Savoir se repaître de poutine ou de galantine.

Etre avec toi, c’est un rire qui fuse spontanément. Voir le côté comique, loufoque et positif de choses. C’est comme un gamin également savoir se moquer de ce que l’on ne peut contròler. Faire de l’humour avec ce qui n’est pas toujours drôle.

Etre avec toi, c’est porter de l’attention au visible. Comme une photo où l’on immortalise le réel d’après sa vision du monde, en tentant d’apporter un regard neuf. En osant la nouveauté. Et aussi à l’invisible.

Etre avec toi, c’est comme flâner dans un café parisien. S’ouvrir aux milles douceurs des boutiques spécialisées.

Etre avec toi, c’est sans cesse penser en philosophe. Ne pas laisser passer une occasion de connaître, d’apprendre et d’apprécier. C’est être curieux de tout., penser l’actualité des désastres comme la révolution des astres. C’est apprendre à aimer la sagesse.

Etre avec toi, c’est faire entrer le loup dans la bergerie, le renard dans le poulailler. C’est l’étincelle près du baril de poudre. C’est aussi parfois être la poule qui se laisse porter par la brebis.

Etre avec toi c’est oser sortir de l’anonymat. Avoir confiance en soi et en ses talents. Sortir l’argenterie en dehors des repas de réception. Ecrire pour se dire. Ecrire pour faire advenir.

Etre avec toi, c’est se laisser porter par le flot. Laisser couler l’inspiration et les mots qui abondent. Ne pas se laisser arrêter, se prendre pour James Bond.

Etre avec toi, c’est enfin laisser éclater son originalité. Laisser flotter son message propre, tout comme un flocon de neige descendu du ciel pour nous parler de son mystère et de son immensité.

Etre avec toi, c’est créer de l’espace. Dans sa tête et autour de soi. C’est ajouter à ce que crée déjà la vie, c’est la parfaire aussi en soi.

Etre avec toi, c’est aller au-delà de l’image. C’est apprécier les instantanés de la vie et les clichés que tu sais si bien prendre pour croquer un morceau d’éternité.

Etre avec toi, c’est vouloir que la fantaisie habite sa vie comme dans une toile de Riopelle et son étrange et riche série Rosa Luxembourg.

Etre avec toi, c’est apprécier tout le romantisme caché, ancré de longue date dans ta plus profonde fibre. C’est deviner avec plaisir cette noblesse aujourd’hui si rare…

Etre avec toi, c’est à la fois vouloir apporter de la lumière dans ton côté « dark » et vouloir rester debout devant la porte de la pièce obscure pour admirer avec respect un mystère qui nous dépasse et nous intrigue.

Etre avec toi, c’est vivre comme dans une bande dessinée. Avec quelques cases de sexe, quelques blagues et quelques intrigues inattendues.

Etre avec toi, c’est se laisser sculpter par les mains d’un Rodin qui nous rend femme. En courbes et en douceur.

Etre avec toi, c'est avec plaisir se laisser inspirer pour mieux respirer. C’est avoir l’impression de pouvoir écrire de telles phrases indéfiniment, sans pouvoir s’arrêter, tant il y a à dire et à découvrir… C’est se laisser emballer par les pensées et les images que tu suscites….

Etre avec toi, c'est être avec moi, c'est être avec nous, c'est être avec Tout.

Bribes d'enfance


Nostalgique on contemple l’enfant dans son carré de sable qui bâtira des châteaux en Espagne. A l’insouciance, aux grandes douleurs des petits qui contemplent le désastre du cornet vide et de la boule qui s’étale sur le trottoir. Aux petits bonheurs, aux aventures inhabituelles, tour de poney ou bivouac par une nuit étoilée avec grand-père. Aux le`con de la vie que l’on ne connaît pas encore. Aux amours où tout est noir ou blanc. A toutes les richesses que 50 sous peuvent acheter au dépanneur du coin. Aux merveilles naturelles que l’esprit curieux interroge comme les mystères des carottes du jardin et des herbes de grand-mère aux noms étranges. Aux secrets partagés avec le premier ami et aux promesses solennelles et éternelles. A l’émerveillement inattendu de la première pièce de musique classique et à l’enchantement qui ne disparaîtra plus. Aux contes, aux périples et odyssées que proposent les premiers livres lus seuls au pied d’un arbre dans un par cet terminés sous la couverture à la lumière d’une lampe de poche. A toutes les règles, les contraintes, et les préjugés auxquels l’enfant échappe. A la sagesse et aux savoirs intuitifs de ceux qui sont heur comme deux pommes. Au comptoir de patisseries et au drame du choix. A tous les pots aux milles trésors que l’on ne peut atteindre. A l’adoration de la première bicyclette rouge. A la vocation de photographe qui naît avec le cadeau du premier appareil. A l’énergie qui ne fait jamais défaut. Aux rêves qui sont toujours possibles, multiples et beaux, Aux histoires personnelles que l’on se raconte avec des personnages de plastique. Aux luttes de pouvoir, au mensonge encore ignorés. A la cabane dans les arbres, au cheval bricolé, à l’ingéniosité déployée pour transformer la simple boite de carton en un palais branlant. Aux plaisirs de la neige, aux igloos et aux mitaines glacées. Aux représentations données aux adultes sur une scène de fortune A la joie de la transformation lors d’une fête costumée. A l’attente fébrile des soirs de Noël. A la douceur du chocolat de Pâques dont on se barbouille.. A toutes ces choses que plus tard l’adulte regrette de ne plus savoir apprécier. Les enfants sont de grands maîtres et des sages desquels il nous faut réapprendre.

* * *

Entrer dans la maison de son enfance et naturellement retrouver ses marques. Comme si on ne l’avait jamais quitté. Ou être déboussolé par les changements importants apportés par le nouveau propriétaire.

Ouvrir toute grande la porte des souvenirs, desceller les volets de la mémoire, tirer le tapis du paillasson de ses débuts, regarder par la fenêtre de l’expérience, monter au comble des vieilles sensations oubliées. La cour des possibles avec se arbres aux rêves.

L’enfance est une maison que le propriétaire absent oublie parfois d’entretenir.

* * *

Pour le philosophe, seul le présent a de la valeur. Si l’enfance existe il faut la trouver en soi, maintenant. Pour le psychologue, le passé et l’enfance recèlent les secrets du présent et conditionne le futur. Pour le politicien, l’enfance c’est l’Avenir.

L’enfant lui veut grandir. L’adulte regrette l’insouciance de l’enfance.

L’enfance c’est le temps et l’espace vierge qui se tient devant nous. La page blanche, l’empreinte qu’il reste à imprimer.

Si le passé rend adulte, l’avenir offre l’occasion d’un retour à la simplicité, au regard limpide, à la naïveté. Peu nombreux sont ceux qui savent saisir cette chance.

Du moment où l’ange pose son doigt sur les lèvres de l’enfant pour le faire taire, il oublie ce qu’il sait et l’homme apprend à réapprendre.

Le réel secret est que la jeunesse est dans l’avenir. Le savoir confère le pouvoir. La maîtrise de l’environnement, la confiance en soi.

Retrouver sa place auprès du grand secret. Le sourire sans arrière-pensée, l’acte gratuit sans calcul. L’audace et la moquerie de la comparaison. Au lieu de regarder en arrière avec la nostalgie du non-retour. User du pouvoir de cultiver son avenir.

Aménager l’espace pour faire place aux meubles du temps.

Apprécier ce qui a été connu, étape nécessaire et unique. Filer vers l’avant vers un ailleurs toujours différent et pourtant si semblable.

Jeunesse éternelle dont on se libère de l’obsession. Sagesse reconquise à coup de grands et de petits moments. Amalgame et mélange des « moi » de chaque époque, qui s’imbriquent telles des matriochka.

L’avenir avale l’enfance, il s’en nourrit comme un insensible Chronos.

* * *

L’enfance est un jeu dont on oublie les règles simples pour apprendre celle complexes des adultes. L’enfance est la grâce d’un rayon de soleil qui vient jouer sur un berceau. Les grandes volontés enfermées dans de petits corps. Les espérances ayant la densité des trous noirs. L’énergie d’une bombe atomique.

L’enfance c’est le papillon qui tisse ses ailes, la chenille qui apprend le synchronisme des pattes, la chrysalide qui s’enroule dans le secret de ses voiles.

L’enfant est le nu qui s’ignore. Roi sans habit. Le futur adulte qui se drapera. Puis un jour celui qui souhaitera à nouveau redevenir nu.

L’enfance est le doué qui s’ignore, le cancre aussi. L’égalité devant le banquet de la vie.

L’enfance c’est l’odeur du châle de la mère, la douceur de la courtepointe. Le goût du chocolat chaud matinal. Le bruit de grenouille un soir d’été. La vision de la première vague sur l’océan après une longue route.

C’est la beauté de la cage. L’impatience de celui qui confronte ses limites. Celui qui pourra plus tard, quand il sera grand, habile, fort et sage…

L’enfance est le jardin où se cultive la patience et le caractère. Le lieu de la pure invention. L’absence de masque mais l’occasion de tous les personnages : pompier, médecin, astronaute, chanteur….

L’enfance est une musique qui s’improvise, mesure par mesure parfois sans mesure. C’est le laboratoire des erreurs alors que tout peut encore s’effacer et être repris. Le sable où ce qui s’inscrit finit par se perdre sous une nouvelle inscription. Le moment où chaque chandelle du gateau compte, alors que plus tard, on ne les comptes plus.

L’enfance est le pendule qui oscille entre deux âges, dont la formule est pourtant prévisible malgré ses inconnues.

L’enfance est le lit confortable où l’on saute et s’enfonce, d’oÉu il faut du courage pour se relever.

L’enfance est l’âme naïve qui croit encore aux princes, aux lapins parlant et aux grenouilles couronnées.

* * *

L’enfance c’est le regard clair entre curiosité, incompréhension et reproche.

C’est un continent à la dérive qui fond sous l’action du réchauffement

C’est l’Atlantide perdue, qui engouffre ses trésors dans le bleu des flots

C’est la ville enfouie sous les cendres du volcan, tel Pompéi

L’enfance c’est la joie de Darwin en expédition, la nouvelle espèce découverte au XXIe siècle dans un coin reculé d’Australie

C’est un vêtement troué confortable, où l’on ignore la haute couture et où tout est simple, pur et prêt-à-porter.

C’est une malle où s’entasse pêle-mêle les gris-gris. Les objets fétiches sans valeur : coquillages, rubans, images. Sentimental. Habitude de collectionneur.

Aube ou matinée de l’existence. Pâle soleil qui perce ses premiers nuages. Orages abrupts et inattendus. Ondée de passage. Turbulences imprévisible. Crise sans objet. Coup de vent, tornade.Tsunami.

Curieux procès


Dans un pays Quelconque, dans la ville de N’importe où se tenait le procès de l’Ego. La foule se pressait aux abords du Palais de justice. Tous se sentaient concernés par l’affaire. Touchés de quelque manière par le sort que l’on ferait à l’ego. On avait bien tenté d’étouffer l’histoire. D’opposer des moyens de défenses préliminaires pour faire avorter le procès Peine perdue. On quelqu’un cherchait à rendre l’Ego coupable d’un crime qui n’était pas encore clair. On a bien aussi tenté de prétendre que le Juge n’avait pas compétence. Puis qu’il devait se rétracté pour des raisons de conflits d’intérêts. Qu’il serait en l’espèce en quelque sorte un peu juge et partie. Mais le juge rejetta l’argument et en appel la Haute cour estima que tout juge saisi de l’appel serait dans une situation similaire et qu’en conséquence conflit il n’y avait pas. L’Ego confiant en sa cause et son bon droit, en sa verve et ses talents d’orateur et aussi de séducteur, habitué au public, refusa d’être représenté par un savant procurer. L’estime de soi le rendait d’ailleurs bavard. Il avait un auditoire pour se faire valoir et entendait en profiter. Il allait faire preuve de virtuosité et user de tous ses stratagèmes. Briller de toutes ses facettes. Il pouvait prendre le monde entier pour témoin. Certain que tous lui étaient attachés et que personne ne lui était hostile. Même le procureur chargé de l’Accusation, lui adressait de grands sourires. Tous seraient indulgents, de cela il n’avait aucun doute. Personne ne se risquerait à lui jeter la pierre. Il avait de bons arguments à faire valoir. Il savait comment se justifier et démontrer son incontestable innocence et son utilité pour l’humanité, malgré quelques effets secondaires collatéraux somme toute négligeable. Les bénéfices dépassaient selon lui largement les inconvénients inévitables.

En cas de trouble, il prévoyait citer à comparaître son ami de longue date Freud. Si crime il y avait, ce dernier était pavé de bonnes intentions et surtout d’une bonne dose d’inconscience. Il y avait également Jung. Mais sa théorie d’inconscient collectif trop avant-gardiste pouvait faire dérailler le procès. Mais il n'eut pas à chercher si loin...


L'Affaire dérangeait beaucoup trop. L'inconfort était grand, la plupart préféraient oublier la Cause. Et plusieurs avait intérêt à ne pas soulever le voile.De remise en remise, il y eu finalement non-lieu. L'humanité doit donc toujours négocier avec un Ego en liberté....

Rimes


La source que l’on croyait tarie

Finalement rejaillit

Ce qui a pris du temps pour devenir mûr

A présent à mon oreille mumure

Les mots se bousculent

Pour composer les notes d’un opuscule

Sans emphase, dans la simplicité

Loin de désirer d’être un jour cité

Ecrire la torture

D’un coeur qui n’est pas sûr

Ecrire pour faire entrer un peu d’air

Dans une vie sous cloche de verre

Se lever de bon matin

Se prendre pour un nouveau Bobin

Aux mots affilés

Au plus coupant de la vie qu’on s’est inventée.

Espérer traduire l’intraduisible

En mots éclatés et fissibles

Accoucher d’un texte impossible

A la marge de l’incompréhensible

Faire des associations heureuses

A l’agencement surprenant et d’une hauteur vertigineuse

Frapper l’imaginaire

D’images dont on ne peut se défaire

Ecrire


Dans l’univers de l’écriture, tout devient prétexte. Pré-texte par l’histoire qui existe déjà avant de former le premier mot. Le potentiel est là tout entier pour celui qui a l’œil ouvert. Un objet, une photo, un parfum, un vers… Du simple peut naître le complexe. Et sans complexe peut revenir au simple.

Ecrire c’est matérialiser une vision intérieure. C'est donner forme à l'indéfini selon ses intuitions. C’est risquer l’inconnu, oser pénétrer dans le vague sans connaître la destination. Se laisser porter par ses impulsions pour apprendre le sens des ses courants marins intimes. C’est révéler ce dont nous sommes nous-mêmes pas conscients. Se rapprocher de l’essentiel. Du fondamental dans un éclair de lucidité soudaine. C’est donner une voix à une partition muette. C’est laisser le désir se nourrir au lieu de l’affamer. C'est à la fois repousser les frontières et les rendre accessibles. C’est tracer les contours de pays auparavant imaginaires. C’est tirer des terres du ventre sombre des abysses maritimes. Ecrire c’est chercher à connaître et se connaître. Comprendre les origines et la source comme le destin et sa finalité. C'est apprivoiser l’espace et le temps l’espace d’un temps infime. C’est donner naissance à celui que nous sommes et en faire un autre au cours de la traversée. C’est s’éprouver par les écueils, chavirer, se perdre, s’accrocher et se retrouver C’est illuminer la part cachée, immergée. Poser l’énigme.C’est une faim de loup, un état avide. Une envie de chair qui nous est chère. C’est prolonger la nuit ou faire jour. Habiter les incontournables silences de la vie alors qu’en fait tout en soi crie.C’est ouvrir les yeux sur le quotidien avec ce petit rien de distance. Se faire révélateur. C’est plonger au cœur du réel et s’y faire acteur.C’est vouloir l’absolu absolument. C’est aspirer. C'est vouloir expliquer le flot continu des paradoxes de la trame de la vie. C’est l’envie de rassembler les morceaux disjoints. C’est le plaisir d nager dans les flots de la curiosité. Ecrire c’est au-delà du simple cliché, une manière d’immortaliser des instants de vies, réels ou imaginaires. Les rendre précieux, trésors de l’esprit où ils se cachent.

Ecrire c’est avouer que le désir nous constitue. Nous libère et nous rend esclave. C’est le laisser prendre les commandes, lui faire confiance en tant que révélateur de l’authentique.C’est notre humble lutte contre l’inertie. Notre contribution à l’évolution aveugle qui nous fit naître et poursuit son chemin avec l’air de nous ignorer. C’est vouloir articuler notre vision du monde. Dénoncer les travers, célébrer les vertus. Ne pas rester cois. Tenter sa chance à la loterie de l’essentiel et du futile. Tirer le plus de numéros possible.

C’est s’engager sur une route non balisée pour une destination obscure, sans carte et sans boussole. C’est se fier à l’instinct. C’est se livrer entier au plaisir d’inventer des mondes. C'est dire sans expliquer. C’est montrer pour faire connaître. C’est exprimer le provisoire, l'imparfait.

C’est prêter sa plume aux petites voix, aux babillages intérieurs. C’est ouvrir la porte à la sagesse millénaire, aux chants collectifs de la noosphère, aux murmures secrets de la vie C'est trouver sa place et son rythme dans le monde Dégager les motifs dans les terres archéologiques de sa personnalité. Faire résonner les harmoniques. Forger ses propres métaphores. Bâtir ses mythes.

Transformer la matière brute. Modeler la pâte. Passer de l’émouvante forme de la Willendorf aux sublimes détails de la Pieta. Sculpter sa représentation personnelle su monde.

Tricoter l’écharpe de la vie par l’assemblage des mailles de la vérité et du mensonge. Faire preuve d’audace. Fouiller dans son armoire à images, faire reluire le cuivre de mots. Assembler les hasard et laisser glisser la plume.

Repousser la peur dans ses retranchements, la distancier dans l’essoufflement d’une course folle. Ecrire en guise de bouclier.

Laisser en rade la rationalité. Dépasser la seule critique. Laisser venir l’inspiration aiguiser le crayon de sa sensibilité. Laisser percoler les eaux souterraines et envahir le jardin par la menthe fraîche de la poésie.

C’est se créer un atelier intérieur.. Fait de plaisir et de labeur. Où l’on trouve plus de plomb que d’or, où l’on éprouve le poids des choses et éveille ce qui dort.

Se donner le droit au non-sens. Oublier les mariages de convenance. Consciemment se livrer à l’Inconscient.

Créer des espaces ouverts, des interlignes. Contempler le vide à ses pieds. Laisser le sol se dérober. Et alors improviser.

Décision...


« Les grandes décisions de la vie humaine sont en général bien davantage soumises aux instincts et autres facteurs inconscients et mystérieux qu’à l’arbitraire conscient et aux ratiocinations bien intentionnées»

-Carl Gustav Jung.

Choix


Choisir c’est renoncer. Choisir c’est s’affirmer. Pour grandir, il faut renoncer, élaguer, faire voler en éclat quelques morceaux de bois. L’indécis est alors aux abois. Indispensable crime. L’accumulation ne construit pas le soi. Ceux qui triomphent ont trouvé leur propre voix. L’histoire en fait foi. On écarte les options sans trop d’émois. On n’étire pas les décisions sur de longs, interminables et infertiles mois. On utilise intelligemment le cheval de Troie. On n’attend pas que de surprenantes révélations nous foudroient. Il ne faut pas perdre la foi. Ni ressasser maintes et maintes fois. Faire ce en quoi on croit, même si cela exige de porter une détestable croix. Voguer vers son inconnu destin avec joie. Etre le prédateur plutôt que la proie. Vaincre la pesanteur des jours qui nous broient. A la source être celui qui boit, plutôt que celui qui se noie. Da sa vie, devenir celui qui règne en roi. Savoir quitter sans regret quand il le faut son château ou son toit. Agir plutôt qu’être celui qui sans raison aboie. Traque l’avenir au lieu de demeurer craintif dans la nuit sans loi. Chauffer sa vie au lieu de la laisser dans le froid. Alléger son fardeau au lieu de ployer sous son poids. Affronter ses peurs intimes, ses plus menaçantes causes d’effroi. En cas d’échec, comme Boileau, remettre sur le métiers, maintes et maintes fois. Abandonner ses aspirations de bourgeois, profiter de sa simple condition de villageois Ce qui ne casse pas ploie. Voilà ce à quoi l’homme sage s’emploie. Cesser d’ériger ses rêves comme des châteaux de Blois. Des trop décevantes attentes, son âme se nettoie. Chasser ses petits soucis, comme la princesse traque le petit pois. Savoir se reposer alors que d’autres stupidement guerroient. Avoir le cœur plus lisse, sans prise au désarroi. De sa vie savoir ôter les inutiles parois. Difficile de contenir la vie dans une seule coquille de noix. Crier, ne pas se ternir coi. Avoir envie de faire, plutôt que faire ce que doit. Ne pas laisser échapper la vie comme une couleuvre entre les doigts. Ne pas remettre à demain ce qui se fait seulement parfois. Ne pas toujours choisir ce qui est de bon aloi. Savoir apprécier les surprises de la vie et en demeurer pantois. Choisir la vérité plutôt que le mensonge crétois. Se chauffer près de l’âtre alors que souffle le noroît. Ne pas rester à l’intérieur même si l’hiver poudroie. Chasser le rigide de la chemise qui craque sous l’empois. Du temps imparti, il faut faire bon emploi. Chercher les chemin courbe plutôt que les droits. Faire tourner son moteur, entraîner sa courroie. Sachez être ferme, mais demeurez courtois. Questionner et chercher le pourquoi. Séparez le comment du quoi. Sortez les flèches de votre volonté de leur carquois. Regardez les évidences d’un air narquois. Attendre comme un rapace du haut d’un beffroi. La vie peut-être aussi riche qu’un plat bavarois. Elle ne se résume pourtant pas à l’ampleur d’un compte de banque genévois. Le choix n’est jamais une autoroute à quatre voies. Il n’est rien de ce que l’on prévoit. Ne ressemble pas aux films que l’on voient.

Place


Chercher sa place est un voyage. C’est prendre le bâton du pèlerin pour parcourir des chemins pour lesquels il n’existe parfois pas de carte et pour une destination inconnue. Mais au fond, importe-t-elle? Chercher sa place n’est pas une activités statique, elle implique le mouvement.

Etre à sa place n’est au fond peut-être rien d’autre qu’un état d’esprit. Un état de réceptivité par rapport au monde et à soi. Un état de compréhension, d’acceptation des choses telles quelles sont. Un état de sérénité intérieure.

Trouver sa place est accepter dans sa vie toutes ces activités nécessaires à la connaissance et à l’épanouissement de soi. Développer ses potentialités, comprendre qui ont est, être bien avec soi, accepter et tenter d’améliorer sa personnalité, mieux comprendre la condition humaine, avoir expérimenté la vie, se connaître, avoir conscience de son identité propre sont toutes des facettes susceptibles d’accroître le sentiment d’une personne d’avoir trouvé sa place.

Pourquoi y a-t-il dans de gens qui piétinent dans cette quête qui sont malheureux de ne pas y parvenir malgré l’impression d’efforts soutenus? Il arrive qu’ils cherchent trop, qu’ils cherchent en aveugle, qui ne veulent pas voir ce qu’il y a réellement à voir. D’autres qui ne cherchent pas de manière sérieuse ou sincère en faisant les véritables efforts que cela nécessite, même si ce n’est pas une corvée après tout! Beaucoup cherchent mal et sans patience, pressés et orientés vers le seul but, le seul résultat et qui finalement de retiendront rien puisque le secret est dans la quête. Chercher sa place est un processus. Plusieurs le font sans investissement réel et authentique de leur personne, sans accepter les renoncements nécessaires, sans engagement.

Etre à sa place, c’est peut-être être engagé à tirer la meilleure part de son lot personnel et ce avec la meilleure attitude possible. C’est ne pas baisser les bras à la première difficulté rencontrée. A ne pas changer constamment de direction. La place nécessite un certain focus des énergies et des efforts pendant une certaine durée. C’est accepté que la place occupée sera toujours imparfaite et c’est apprendre à l’apprivoiser.

C’est ainsi que le vrai plaisir, le vrai sens, la vraie découverte peut surgir.

C’est une déformation tout à fait actuelle de vouloir rapidement, facilement gagner sa place. Mais il ne s’agit pas d’une loterie instantanée.

Comme société, pour que tous puissent trouver leur place, nous nous devons collectivement de revoir nos choix. Nous devons pour parvenir à donner un sens redefinir notre rapport au temps, à l’engagement et à la notion de plaisir.

samedi 12 juillet 2008

Yeux verts


... Les yeux verts fascinent... Je le constate depuis des années... Les commentaires sont nombreux... On les croit remplis de mystères... On admire l'heureux mélange des paillettes bleues et ambrées...

Si seulement je pouvais mieux utiliser leur pouvoir enjôleur!

Flocons


La plus jolie merveille du monde... Plus géométrique que Pythagore... Plus habile qu'une dentellière de Bruges. Plus ciselé qu'un poème de Chateaubriand...

vendredi 11 juillet 2008

Naïve


Je crois en l’Amour. Le vrai, l’éternel. Je crois cependant que tout n’est pas le fruit d’un simple hasard. M. Destin fait son boulot mais encore faut-il l’aider un peu. Les hommes qu’il a mis sur ma route m’ont tous séduite, d’une manière ou d’une autre. Il faut dire que j’ai l’habitude de rechercher les points forts et les qualités et de me concentrer sur ces seuls éléments au point d’en oublier les autres! Je suis une personne qui a appris à sentir. Les souffrances et les faiblesses d’autrui me touchent. Aussi, au lieu de m’éloigner, elles sont un facteur de rapprochement. Mais ce côté maternel cause souvent ma perte. Je me retrouve souvent avec à mes côtés, un homme, soit en « transition », soit incapable de retourner l’ascenseur. Bien que l’amour n’ait rien à voir avec l’arithmétique, il importe d’être en relation avec quelqu’un capable d’échange. Quelqu’un sur qui on peu compter. De nos jours, les gens donnent, mais ne savent pas comment. Ils démontrent leur générosité par des gestes extravagants occasionnels, publics et visibles. Ils ont oublié les vertus simples et désintéressées. Je mise plutôt sur la simplicité. Un geste sincère posé avec une conviction et une affection spéciale pour l’Autre. Et il y a aussi le respect. Une autre valeur sûre dans laquelle les gens oublient d’investir. C’est par respect que l’on accepte l’autre tel qu’il est, sans vouloir le changer ou le convaincre. Et encore par respect que l’on arrive à faire des compromis. Que l’on évite la critique acerbe et les paroles blessantes prononcées sur un ton moralisateur. Et que dire de l’admiration, qui à mon sens, est un ingrédient essentiel au maintien d’une relation durable. Surtout lorsqu’elle est mutuelle. Elle est en soit un moteur de changement car elle amène à vouloir se surpasser pour l’Autre. Elle pousse à donner les meilleur de nous-mêmes. Elle réveille en nous le désir de s’accomplir et nous procure la force nécessaire pour échafauder et réaliser les projets qui nous sont chers et qui sommeillent au fond de nous. L’humour et la joie de vivre sont aussi des atouts inestimables. Car la vie, qu’on le veuille ou non, n’est pas toujours drôle. Si l’on sait y faire face avec optimisme et prendre don parti afin d’en tirer le maximum, cette attitude permet de surmonter bien des obstacles. Vivre à deux permet de s’épauler, mais n’empêche pas les aléas de la vie. Si une bonne connivence n’est pas établie, les difficultés peuvent devenir des sources additionnelles de discorde. Il y a bien d’autres qualités qui favorisent l’harmonie : patience, ouverture, polyvalence, flexibilité, curiosité, honnêteté… Cette dernière qualité est d’ailleurs primordiale. C’est elle qui guide souvent nos actions. On l’envisage souvent dans les affaires, mais dans nos relations personnelles, elle prend tout son sens. L’honnêteté nous fera nous exprimer et nous ouvrir immédiatement au sujet d’éléments qui nous touchent. Elle favorise la communication franche et ouverte. Elle permet d’avoir l’heure juste et de ne pas se former de faux espoirs. On mesure la grandeur d’un home à son honnêteté et à sa générosité. Bien consciente de ces valeurs, il m’arrive par naïveté, sensibilité et romantisme de me laisser emporter pas des considérations plus futiles et éphémères. Le besoin de se sentir aimée, le contact et la chaleur humaine, la promesse d’un avenir plus clément, les jeux de l’amour er de la séduction, le bonheur facile et instantané, des propositions auxquelles il est parfois difficile de résister…. Quelque part en chacun de nous, il existe un maître corbeau qui aime être flatté et qui désire plaire… Mais l’amour est souvent un piège, un miroir aux alouettes… LA leçon ne semble jamais apprise. Périodiquement par faiblesse et malgré toute ma détermination, il m’arrive de me laisser prendre dans ses filets, innocente, confiante et aveugle… Et une fois prise, il est difficile de faire marche arrière. Lancée dans une aventure sans véritable lendemain, engagée dans une bataille perdue d’avance, la raison ayant perdu le commandement, le coeur fait ses ravages. Obstinée, refusant la défaite pourtant imminente, je cherche l’ingénieuse tactique qui me permettra de conquérir mon adversaire, celui-là même qui devrait être plutôt mon partenaire. Espérant que tous ces efforts seraient appréciés à leur juste valeur comme un gage de mon attachement, comme une preuve de valeur. Mais la stratégie échoue, laissant derrière elle un cœur dévasté, atterré d’autant d’incompréhension. Et avec des doutes douloureux sur sa personne qui vient d’être rejetée avec désinvolture.

Voilà comment l’on se voit souvent transformé de conquérant, à conquis. Aucun être ne mérite qu’on le repousse ou qu’on l’humilie. En amour, il faut aussi savoir conserver sa dignité, comme il faut aussi savoir faire preuve de compassion ou de compréhension envers celui qui éprouve des sentiments qui en sont malheureusement pas partagés. Dans une séparation personne ne ressort victorieux. Et souvent, celui qui s’en tire sans égratignure apparente est celui qui est le plus à plaindre. Car il a laissé filer une leçon de vie qu’il refuse de comprendre et sur laquelle il évite volontairement de s’arrêter pour réfléchir. En agissant de la sorte, il s’empêche de se découvrir et du même coup sabote un bonheur à venir. Comme Sissyphe, il s’entêtera à commettre les mêmes erreurs jusqu’au jour où la vie l’arrêtera, ù l’évidence sera irréfutable, en souhaitant que cela n’arrive pas trop tard. Les réflexions remises reviennent nous hanter et les véritables problèmes ne disparaissent jamais.

Baignoire


J’ai un ami qui a les mêmes manies qu’Archimède. Une bonne partie de sa vie se déroule dans son bain. Toutes les pensées émergentes et ascendantes lui viennent lorsqu’il est plongé dans le liquide. Il se délecte de ce plaisir de se laisser submerger ou flotter. Il récupère d’un bon exercice ou du stress de sa journée, se réconforte de ses maladies et inquiétudes dans un bon bain chaud. Il s’y livre à toute sorte d’activités : lecture, écoute de musique et d’autres moins avouables. De toutes les atmosphères, classique, jazz ou techno…

Le bruit de l’eau qui coule et heurte le fond de la baignoire. Celui lorsqu’elle se vide.

Il y jouit des bulles, de l’adoucissement du sel de mer… Il se remémore les doux moments où enfant, il y jouait avec bateau, cubes multicolores et joli canard… Aujourd’hui, ses jeux nautiques sont un peu moins naïfs… C’est qu’il possède une grande baignoire. Ses pensées les plus créatives se sont formées dans ce monde aquatique…

L’ergonomie de la baignoire importe. Le dossier incliné est le plus confortable.

C’est aussi un lieu zen, où il adore méditer et trouver des solutions à ses problèmes. Un lieu de silence, de feutre et d’écho.

Les rituels qui enchantent aussi. Celui du drap de bain large et moelleux.

La chandelle, qui donne vie aux formes vacillantes. Les odeurs d’encens…

Les choses que l’on y déguste du bon scotch ou du vieux bordeaux au cliché des fraises et du mousseux.

Le gant de crin vivifiant. La brosse pour le dos.

La pomme de douche pour un arrosage au jet puissant ou en imitant la pluie.

Les jets d’eaux, les jeux d’eau, les jets d’air, les bulles qui éclatent ;a la surface de la peu. Qui picotent et pétillent.

Ce liquide existentiel qui nous compose et nous berce comme lors de nos premiers moments.

L’impression regénérante du propre. Le rafraîchissement après l’effort intense. Le réchauffement après une promenade hivernale.

L’odeur du savon, La texture crémeuse. L’odeur de lavande, de vanille ou de pommes…

Le cérémonial de l’entrée et de la sortie, avec pour aboutissement ultime la chaude et maternelle robe de chambre.

Amour


Il existe des amours intenses.

Qui ne sont pas toujours partagés.

Ils sont parfois unilatéraux.

Ils sont pourtant comme des fatalités.

Tant l’aimé que l’aimant en sont prisonniers.

L’aimant qui ne peut résister à cette curieuse attirance.

Une victime en sorte.

De sa nature.

De la nature d’un incontournable lien.

Si cet amour est vital, essentiel

Il est aussi troublant et lourd

Sans lui le bonheur est parfois plus facile

Et le quotidien plus confortable et simple

Mais il est préférable de ne pas lui échapper

Sans lui, la vie entière devient insipide et fade

L’éviter c’est se condamner par la suite à le chercher le reste de sa vie.

Sans lui tout est cendres, tout est ridicule

Sans lui la jouissance n’a que la profondeur de la peau.

L’amour et la vie

Forme une éternelle alliance

L’un sans l’autre

Seront deux moitiés incomplètes

La vie devient une anecdote, une histoire

Elle est un antidote

Mais n’est plus jamais la vie.

L’amour ignoré est un amour perdu.

Et la perte de l’amour est irréparable

Car rarement l’amour véritable frappe pas deux fois à la même porte.

Et l’on ne devrait jamais avoir à répondre deux fois.

Il existe des amours infinis

Que les paresseux et les peureux qualifient d’impossibles

Un amour éprouvé par peu, mais convoité par tous.

Un amour dont chacun porte en soi le pressentiment,

Mais auxquels peu s’abandonnent et se livrent.

Par manque de courage, par peur du ravage

Il s’agit pourtant souvent d’un amour de hasard.

D’un amour imprévisible déniché dans un coin,

Dans l’inextricable foullis du bazar du monde

Une parcelle d’ordre dans le désordre terrestre,

Un brin de folie dans la monotonie des jours

Un amour souvent oublié, parfois refusé

Parce qu’il est exigence,

Parce que tous n’ont pas le courage d’accepter ses conséquences

Un amour couvert de poussière, d’avoir tant attendu

Celui ou celle dont l’âme a suffisamment d’espace,

Dont la maison est assez vaste

L’amour est une musique

Grave et grande

L’amour a un air

Que bien peu savent entendre,

Et encore moins écouter.

Suivre l’amour dans ses pauses et ses silences

Dans ses changements de rythmes

Demande la passion d’un chef et l’habilité d’un orchestre.

Parmi eux il existe des amours que l’on de trouve qu’une fois dans sa vie.

Pleins, entiers, immenses.

Ces aimants savent aimer comme personne d’autres.

Comme si leur mission, leur programme était d’aimer sans mesure.

Aimer en mesure, avec une cadence effrenée.

Un amour qui n’est ni patient, ni sage.

Ni juste, ni bon.

Juste un amour.

Un amour unique, rare, rarissisme.

Un amour irrésistible et pourtant vrai.

Un amour puissant, dont la puissance éclaire autrui.

Quand ils finissent enfin par comprendre.

Un amour taillé sur mesure

Dans un drap fin

Qui loin d’habiller tout le monde, en revêt un ou une seule

Un amour pourvu de boutonnières mais qui jamais ne se détachent

Un amour de vêtement

Pour plusieurs invisible,

Un amour pourtant qui n’est pas réservé aux rois.

Un amour comme peut d’hommes et de femmes savent encore en rêver

Tous pris dans le filet de leur propre individualité

Un amour si vaste que les frontières du soi se dissolvent

Que l’autre devienne soi et que soi devienne autre.

Il y a des amours d’exception

Qui acceptent tout et qui n’exceptent rien

La joie, la peine, le plaisir et la douleur

Ils y a des gens qui aiment comme certains n’accepteront jamais d’aimer

L’amour est parfois sacrifice,

Mais ne pas répondre à son appel est sacrilège

L’Amour est un big bang,

Un univers qui s’expand et se consume

Qui attire, détruit, reconstruit, recompose et déverse

Pareil à l’énergie des trous noirs

Un amour qui concentre, un amour qui dissipe

Jusqu’à ce qu’il s’épuise, que sa matière devienne évanescente

Jusqu’à ce qu’il ait raison de l’aube naissante

L’amour est un temps

Un temps de verbe

Sans passé, ni futur réel

Qui se vit au présent, jamais au conditionnel

L’amour véritable se nourrit de l’action

Il est le geste non encore esquissé

Celui dont l’univers a besoin pour avancer

Celui que tous jugent insensé

Mais dans lequel tout le sens est ramassé

Lorsqu’un tel amour nous trouve,

La vie n’est plus jamais la même

Il n’y a pas de retour en arrière,

La saveur de ce qui sera

Ne sera jamais aussi complète par la suite

Si l’on abandonne en chemin.

Les contournements et les détours nous jouent des tours,

Les amours de passage ont désormais le goût de la poussière des chemins.

Certains amours sont éternels.

Ils ne s’expriment que pour un lui ou pour une elle.

L’amour ne se transpose pas.

La partition ne peut être la même.