La forêt des rois est une forêt magique,
S’y sont déroulé des joutes et des combats épiques.
Aujourd’hui plus pacifique,
Les combattants ayant fait la trève,
Les promeneurs désormais y rêvent,
Y réfléchissent sur l’existence trop brève.
Dans cette parcelle d’Angleterre, la vie y a toute éternité.
Il n’y a pas de temps, il s’est comme arrêté.
Peuplés d’habitants géants, plusieurs fois centenaires,
Et d’autres plus nouveaux,
Tous jeunes arbrisseaux,
Fantastique forêt qu’inlassablement mère Nature regénère…
Au cœur de cet univers secret,
D’herbe,s de lianes, de fleurs et de feux follets,
S’élancent deux silhouettes noueuses mais graciles
Abris délicieux de petits mondes fragiles
Arbres matures solidement plantés,
Du hasard, ayant germé, en toute proximité.
Ils ont longuement grandi côte à côte,
Des petits animaux, tous à tour, se faisant les hôtes,
Se partageant le même coin de ciel bleu,
Infiniment grand pour tous les deux,
Le temps a fini par unir leurs branches
Et tous les jours sont alors devenus dimanches.
Au rythme du même mouvement frisson,
Leurs bras ondulent à l’unisson,
Accueillant pareillement le chant du rossignol
Et se faisant l’écho de ses concerts frivoles.
Ils demeurent les éternels complices
Des amants enlacés dans leurs délices.
Sous la terre, se joignent leurs racines
Aussi libres que leurs cimes malines
Ils s’abreuvent de la même eau,
Partageant comme de vrais frères les mêmes idéaux,
Se rappelant peut-être leur origine modeste
D’un gland porté par quelque vent d’est.
Et chaque soir, lorsque la nuit se pose
L’un sur l’autre, ils se reposent
Ne s’étant pas choisi
Et pourtant bons amis
Leurs folles têtes, leur donne à penser
Que l’un de l’autre, ils ne peuvent se priver.
Me promenant moi aussi en solitaire
Sous leur chef, sous leur couvert,
Il m’est facile d’imaginer
Que ces deux compères si bien soudés
Ne sont autres que vous et moi,
Pensée qui me remplit d’un réel émoi…
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