vendredi 11 juillet 2008

Amour


Il existe des amours intenses.

Qui ne sont pas toujours partagés.

Ils sont parfois unilatéraux.

Ils sont pourtant comme des fatalités.

Tant l’aimé que l’aimant en sont prisonniers.

L’aimant qui ne peut résister à cette curieuse attirance.

Une victime en sorte.

De sa nature.

De la nature d’un incontournable lien.

Si cet amour est vital, essentiel

Il est aussi troublant et lourd

Sans lui le bonheur est parfois plus facile

Et le quotidien plus confortable et simple

Mais il est préférable de ne pas lui échapper

Sans lui, la vie entière devient insipide et fade

L’éviter c’est se condamner par la suite à le chercher le reste de sa vie.

Sans lui tout est cendres, tout est ridicule

Sans lui la jouissance n’a que la profondeur de la peau.

L’amour et la vie

Forme une éternelle alliance

L’un sans l’autre

Seront deux moitiés incomplètes

La vie devient une anecdote, une histoire

Elle est un antidote

Mais n’est plus jamais la vie.

L’amour ignoré est un amour perdu.

Et la perte de l’amour est irréparable

Car rarement l’amour véritable frappe pas deux fois à la même porte.

Et l’on ne devrait jamais avoir à répondre deux fois.

Il existe des amours infinis

Que les paresseux et les peureux qualifient d’impossibles

Un amour éprouvé par peu, mais convoité par tous.

Un amour dont chacun porte en soi le pressentiment,

Mais auxquels peu s’abandonnent et se livrent.

Par manque de courage, par peur du ravage

Il s’agit pourtant souvent d’un amour de hasard.

D’un amour imprévisible déniché dans un coin,

Dans l’inextricable foullis du bazar du monde

Une parcelle d’ordre dans le désordre terrestre,

Un brin de folie dans la monotonie des jours

Un amour souvent oublié, parfois refusé

Parce qu’il est exigence,

Parce que tous n’ont pas le courage d’accepter ses conséquences

Un amour couvert de poussière, d’avoir tant attendu

Celui ou celle dont l’âme a suffisamment d’espace,

Dont la maison est assez vaste

L’amour est une musique

Grave et grande

L’amour a un air

Que bien peu savent entendre,

Et encore moins écouter.

Suivre l’amour dans ses pauses et ses silences

Dans ses changements de rythmes

Demande la passion d’un chef et l’habilité d’un orchestre.

Parmi eux il existe des amours que l’on de trouve qu’une fois dans sa vie.

Pleins, entiers, immenses.

Ces aimants savent aimer comme personne d’autres.

Comme si leur mission, leur programme était d’aimer sans mesure.

Aimer en mesure, avec une cadence effrenée.

Un amour qui n’est ni patient, ni sage.

Ni juste, ni bon.

Juste un amour.

Un amour unique, rare, rarissisme.

Un amour irrésistible et pourtant vrai.

Un amour puissant, dont la puissance éclaire autrui.

Quand ils finissent enfin par comprendre.

Un amour taillé sur mesure

Dans un drap fin

Qui loin d’habiller tout le monde, en revêt un ou une seule

Un amour pourvu de boutonnières mais qui jamais ne se détachent

Un amour de vêtement

Pour plusieurs invisible,

Un amour pourtant qui n’est pas réservé aux rois.

Un amour comme peut d’hommes et de femmes savent encore en rêver

Tous pris dans le filet de leur propre individualité

Un amour si vaste que les frontières du soi se dissolvent

Que l’autre devienne soi et que soi devienne autre.

Il y a des amours d’exception

Qui acceptent tout et qui n’exceptent rien

La joie, la peine, le plaisir et la douleur

Ils y a des gens qui aiment comme certains n’accepteront jamais d’aimer

L’amour est parfois sacrifice,

Mais ne pas répondre à son appel est sacrilège

L’Amour est un big bang,

Un univers qui s’expand et se consume

Qui attire, détruit, reconstruit, recompose et déverse

Pareil à l’énergie des trous noirs

Un amour qui concentre, un amour qui dissipe

Jusqu’à ce qu’il s’épuise, que sa matière devienne évanescente

Jusqu’à ce qu’il ait raison de l’aube naissante

L’amour est un temps

Un temps de verbe

Sans passé, ni futur réel

Qui se vit au présent, jamais au conditionnel

L’amour véritable se nourrit de l’action

Il est le geste non encore esquissé

Celui dont l’univers a besoin pour avancer

Celui que tous jugent insensé

Mais dans lequel tout le sens est ramassé

Lorsqu’un tel amour nous trouve,

La vie n’est plus jamais la même

Il n’y a pas de retour en arrière,

La saveur de ce qui sera

Ne sera jamais aussi complète par la suite

Si l’on abandonne en chemin.

Les contournements et les détours nous jouent des tours,

Les amours de passage ont désormais le goût de la poussière des chemins.

Certains amours sont éternels.

Ils ne s’expriment que pour un lui ou pour une elle.

L’amour ne se transpose pas.

La partition ne peut être la même.

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