Il existe des amours intenses.
Qui ne sont pas toujours partagés.
Ils sont parfois unilatéraux.
Ils sont pourtant comme des fatalités.
Tant l’aimé que l’aimant en sont prisonniers.
L’aimant qui ne peut résister à cette curieuse attirance.
Une victime en sorte.
De sa nature.
De la nature d’un incontournable lien.
Si cet amour est vital, essentiel
Il est aussi troublant et lourd
Sans lui le bonheur est parfois plus facile
Et le quotidien plus confortable et simple
Mais il est préférable de ne pas lui échapper
Sans lui, la vie entière devient insipide et fade
L’éviter c’est se condamner par la suite à le chercher le reste de sa vie.
Sans lui tout est cendres, tout est ridicule
Sans lui la jouissance n’a que la profondeur de la peau.
L’amour et la vie
Forme une éternelle alliance
L’un sans l’autre
Seront deux moitiés incomplètes
La vie devient une anecdote, une histoire
Elle est un antidote
Mais n’est plus jamais la vie.
L’amour ignoré est un amour perdu.
Et la perte de l’amour est irréparable
Car rarement l’amour véritable frappe pas deux fois à la même porte.
Et l’on ne devrait jamais avoir à répondre deux fois.
Il existe des amours infinis
Que les paresseux et les peureux qualifient d’impossibles
Un amour éprouvé par peu, mais convoité par tous.
Un amour dont chacun porte en soi le pressentiment,
Mais auxquels peu s’abandonnent et se livrent.
Par manque de courage, par peur du ravage
Il s’agit pourtant souvent d’un amour de hasard.
D’un amour imprévisible déniché dans un coin,
Dans l’inextricable foullis du bazar du monde
Une parcelle d’ordre dans le désordre terrestre,
Un brin de folie dans la monotonie des jours
Un amour souvent oublié, parfois refusé
Parce qu’il est exigence,
Parce que tous n’ont pas le courage d’accepter ses conséquences
Un amour couvert de poussière, d’avoir tant attendu
Celui ou celle dont l’âme a suffisamment d’espace,
Dont la maison est assez vaste
L’amour est une musique
Grave et grande
L’amour a un air
Que bien peu savent entendre,
Et encore moins écouter.
Suivre l’amour dans ses pauses et ses silences
Dans ses changements de rythmes
Demande la passion d’un chef et l’habilité d’un orchestre.
Parmi eux il existe des amours que l’on de trouve qu’une fois dans sa vie.
Pleins, entiers, immenses.
Ces aimants savent aimer comme personne d’autres.
Comme si leur mission, leur programme était d’aimer sans mesure.
Aimer en mesure, avec une cadence effrenée.
Un amour qui n’est ni patient, ni sage.
Ni juste, ni bon.
Juste un amour.
Un amour unique, rare, rarissisme.
Un amour irrésistible et pourtant vrai.
Un amour puissant, dont la puissance éclaire autrui.
Quand ils finissent enfin par comprendre.
Un amour taillé sur mesure
Dans un drap fin
Qui loin d’habiller tout le monde, en revêt un ou une seule
Un amour pourvu de boutonnières mais qui jamais ne se détachent
Un amour de vêtement
Pour plusieurs invisible,
Un amour pourtant qui n’est pas réservé aux rois.
Un amour comme peut d’hommes et de femmes savent encore en rêver
Tous pris dans le filet de leur propre individualité
Un amour si vaste que les frontières du soi se dissolvent
Que l’autre devienne soi et que soi devienne autre.
Il y a des amours d’exception
Qui acceptent tout et qui n’exceptent rien
La joie, la peine, le plaisir et la douleur
Ils y a des gens qui aiment comme certains n’accepteront jamais d’aimer
L’amour est parfois sacrifice,
Mais ne pas répondre à son appel est sacrilège
L’Amour est un big bang,
Un univers qui s’expand et se consume
Qui attire, détruit, reconstruit, recompose et déverse
Pareil à l’énergie des trous noirs
Un amour qui concentre, un amour qui dissipe
Jusqu’à ce qu’il s’épuise, que sa matière devienne évanescente
Jusqu’à ce qu’il ait raison de l’aube naissante
L’amour est un temps
Un temps de verbe
Sans passé, ni futur réel
Qui se vit au présent, jamais au conditionnel
L’amour véritable se nourrit de l’action
Il est le geste non encore esquissé
Celui dont l’univers a besoin pour avancer
Celui que tous jugent insensé
Mais dans lequel tout le sens est ramassé
Lorsqu’un tel amour nous trouve,
La vie n’est plus jamais la même
Il n’y a pas de retour en arrière,
La saveur de ce qui sera
Ne sera jamais aussi complète par la suite
Si l’on abandonne en chemin.
Les contournements et les détours nous jouent des tours,
Les amours de passage ont désormais le goût de la poussière des chemins.
Certains amours sont éternels.
Ils ne s’expriment que pour un lui ou pour une elle.
L’amour ne se transpose pas.
La partition ne peut être la même.
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