jeudi 17 juillet 2008

Curieux procès


Dans un pays Quelconque, dans la ville de N’importe où se tenait le procès de l’Ego. La foule se pressait aux abords du Palais de justice. Tous se sentaient concernés par l’affaire. Touchés de quelque manière par le sort que l’on ferait à l’ego. On avait bien tenté d’étouffer l’histoire. D’opposer des moyens de défenses préliminaires pour faire avorter le procès Peine perdue. On quelqu’un cherchait à rendre l’Ego coupable d’un crime qui n’était pas encore clair. On a bien aussi tenté de prétendre que le Juge n’avait pas compétence. Puis qu’il devait se rétracté pour des raisons de conflits d’intérêts. Qu’il serait en l’espèce en quelque sorte un peu juge et partie. Mais le juge rejetta l’argument et en appel la Haute cour estima que tout juge saisi de l’appel serait dans une situation similaire et qu’en conséquence conflit il n’y avait pas. L’Ego confiant en sa cause et son bon droit, en sa verve et ses talents d’orateur et aussi de séducteur, habitué au public, refusa d’être représenté par un savant procurer. L’estime de soi le rendait d’ailleurs bavard. Il avait un auditoire pour se faire valoir et entendait en profiter. Il allait faire preuve de virtuosité et user de tous ses stratagèmes. Briller de toutes ses facettes. Il pouvait prendre le monde entier pour témoin. Certain que tous lui étaient attachés et que personne ne lui était hostile. Même le procureur chargé de l’Accusation, lui adressait de grands sourires. Tous seraient indulgents, de cela il n’avait aucun doute. Personne ne se risquerait à lui jeter la pierre. Il avait de bons arguments à faire valoir. Il savait comment se justifier et démontrer son incontestable innocence et son utilité pour l’humanité, malgré quelques effets secondaires collatéraux somme toute négligeable. Les bénéfices dépassaient selon lui largement les inconvénients inévitables.

En cas de trouble, il prévoyait citer à comparaître son ami de longue date Freud. Si crime il y avait, ce dernier était pavé de bonnes intentions et surtout d’une bonne dose d’inconscience. Il y avait également Jung. Mais sa théorie d’inconscient collectif trop avant-gardiste pouvait faire dérailler le procès. Mais il n'eut pas à chercher si loin...


L'Affaire dérangeait beaucoup trop. L'inconfort était grand, la plupart préféraient oublier la Cause. Et plusieurs avait intérêt à ne pas soulever le voile.De remise en remise, il y eu finalement non-lieu. L'humanité doit donc toujours négocier avec un Ego en liberté....

1 commentaire:

eric franchi a dit…

une belle fable de justice Mme La Fontaine... on en veut d'autres pamphlets