lundi 7 juillet 2008

Orage


L’orage. Je l’ai vu arriver sur ses chevaux écumants, à toute vitesse noircissant progressivement l’écran blanc-bleu du ciel. Des nuages ourlés d’un profond gris fumé tourbillonnant dans une danse inquiétante, à la limite d’une simulation de tornade… Impressionnant. Jamais je n’ai vu tempête aussi tranchée. L’horizon menaçant et la ligne de front avançant à une vitesse folle. Une peuplade primitive aurait peut-être cru à l’avènement de la fin du monde. Un rideau d’eau presque opaque tombant sur la ville soudainement plongée dans l’ombre. La pluie a rapidement cinglé les vitres. Des rafales secouant dans tous les sens les arbres tout juste revêtus de leurs nouvelles feuilles. Du haut de mon immeuble sur Décarie, j’étais aux premières loges. Au 7e, plus près du ciel, avec d’immenses fenêtres, on est dans le feu de son action. De simple spectateur, on se croirait presque acteur, ou chef d’orchestre… Maitre d’un monde obéissant à sa baguette, une bourrasque par ici, un éclair par là, un retournement de parapluie et Da capo… Magnifique manifestation de toute puissance… Et les humains dans cette grandiose mise en scène, minuscules et vulnérables fourmis, courant pour chercher refuge. D’immenses mares d’eau s’accumulant dans les infrastructures routières, un boulevard submergé, des voitures qui semblent glisser, laissant dans leur sillage des remous tels des bateaux à moteur, des camions qui dérapent… La ville est prise dans ce piège aquatique. Quelques minutes d’inquiétudes. Une pause inusitée dans la journée, tous les employés s’étant amassés près des fenêtres pour observer bien à l’abri ce spectacle gratuit et improvisé. De quoi rendre jaloux le producteur d’O, Guy Laliberté. Et puis orage d’été oblige, une demi-heure plus tard, le soleil radieux qui refait son apparition. Etonnant contraste. Déclaration éblouissante d’un vaniteux soleil qui se prétend victorieux… La vie est souvent un théâtre, où se déroulent et se rejouent d’antiques drames sous forme de fables… Ou évidemment le bien triomphe toujours sur le mal…

Aucun commentaire: